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printemps 2026 : un marché bousculé mais en nette reprise

  • mai 2026
  • 11 heures
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Dans un environnement encore marqué par des incertitudes économiques et géopolitiques, le marché immobilier reprend nettement des couleurs en ce début d’année 2026. Portés par des conditions de financement plus lisibles et un retour progressif des projets, les acheteurs comme les vendeurs retrouvent leur place dans le jeu. Les chiffres le montrent : le marché se remet en mouvement et confirme sa reprise, mais selon de nouvelles règles. Plus exigeant, plus technique et plus dépendant des réalités locales, il impose désormais aux acheteurs comme aux vendeurs de s’adapter à un environnement durablement transformé. Décryptage d’un marché qui repart… mais autrement.

Printemps 2026 : un marché immobilier en reprise… mais encore instable

Malgré un contexte incertain, les indicateurs repartent nettement à la hausse sur le marché immobilier, confirmant une reprise engagée, mais encore incomplète. Au premier trimestre 2026, près de 48 872 compromis ont été signés, soit une progression de +36 % par rapport au trimestre précédent et de +98 % sur un an*1. Dans le même temps, les délais de vente reculent sensiblement, avec une baisse de 34 jours sur un an pour s’établir à 107 jours en moyenne. Des signaux positifs, qui traduisent un retour progressif de la fluidité sur le marché.

D’autres indicateurs viennent confirmer cette amélioration. Les prix se stabilisent à l’échelle nationale, avec une légère baisse de -1 % sur un an, tandis que le volume de biens disponibles progresse de +3 %, contribuant à rééquilibrer l’offre et la demande. Les marges de négociation restent contenues autour de -5,3 %, signe d’un marché moins déséquilibré qu’au cours des dernières années. Pour autant, cette reprise reste encore fragile. Le taux de casse des compromis atteint 20,5 %, en hausse sur un trimestre, preuve que tous les projets engagés ne se concrétisent pas. Le marché redémarre, mais ne retrouve pas encore une fluidité complète.

Notons également que ce décalage se retrouve dans le ressenti des professionnels. Une majorité d’agents immobiliers restent prudents : 58 % estiment que la stabilité des taux ne suffit pas encore à relancer durablement les projets, tandis que 62 % ne constatent pas de retour marqué des primo-accédants.

De nouvelles logiques d'achat : solvabilité, dynamiques locales...

Au-delà de la reprise, le marché immobilier de 2026 évolue en profondeur. Les règles du jeu changent. La stabilisation des taux d’intérêt a permis de restaurer une partie des capacités d’emprunt, facilitant le retour de certains acheteurs. Mais le principal frein s’est déplacé. Ce n’est plus tant l’accès au crédit qui limite les projets, que la capacité des ménages à absorber les niveaux de prix. Le marché devient ainsi plus sélectif, avec des acquéreurs contraints d’arbitrer davantage.

Par ailleurs, la situation internationale fait peser de nouvelles incertitudes sur l’évolution des taux. Deux scénarios semblent se dessiner : une stabilisation rapide permettant d’atteindre entre 900 000 et 1 million de transactions sur l’année avec des taux autour de 3 à 3,5 %, ou, à l’inverse, un scénario plus tendu, avec des taux pouvant approcher les 4 % en cas de dégradation prolongée du contexte international.

Relevons également des évolutions particulières sur certains segments spécifiques. Les biens énergivores, classés F et G, illustrent cette transformation : les compromis progressent de +35 % sur un trimestre et de +41 % sur un an, tandis que leur part dans le stock recule à 7 %. Ces biens restent présents, mais leur commercialisation devient plus technique, avec des négociations plus marquées et des attentes accrues des acheteurs. Dans le même temps, l’investissement locatif peine à retrouver des repères. La fin de certains dispositifs fiscaux et l’encadrement des loyers freinent les projets : 52 % des agents constatent un ralentissement de ce segment, tandis que 56 % considèrent ces contraintes comme un frein direct à l’investissement.

Enfin, si la reprise concerne l’ensemble du territoire, les dynamiques restent très contrastées selon les zones. Les volumes progressent dans toutes les régions, avec des hausses comprises entre +34 % et +39 %, mais les délais de vente et les niveaux de tension varient fortement d’un marché local à l’autre.
© La Résidence Développement 2023
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